jeudi 15 juillet 2010

présentation "Fando y Lis" (1968)

Fando y Lis et le 1er film de Jodorowsky, et figure dans mon mémoire, voici donc sa présentation.

Fando y Lis. 1968.

Premier film de Jodorowsky, c' est l'histoire chaotique d'un jeune couple à la quête d'une utopie appelée "Thar". Après « la gran guerre » toutes les villes ont disparus sauf Thar. Thar est la cité promise, la cité de la poésie, du repos, et du jeu. Le couple traverse le monde, en ruines, pour arriver a cette ville.

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Le film est adapté d'une pièce de l'espagnol Fernando Arrabal, écrivain contemporain, ami de Jodorwsky, sulfureux, et polémique. Il se réclame du théâtre de l'absurde, et ses pièces son inspirées d'En attendant Godot  (Becket) entre autres.

 

Enfants, adolescents, et adultes à la fois, le duo change sans cesse d'âge. En réalité ce sont deux jeunes adultes qui ont grandit dans un monde horrible, qui se détruit peu à peu, et dont les adultes ne se soucient pas. Thar est une recherche de l'innocence, un retour à l'enfance... mais le couple ne trouve que violence, incohérence, fêtes, abus, et désolations... le tout, dans une relation sadomasochiste très particulière : Lis domine Fando par l'intellect, Fando domine Lis par le corps (elle ne peut pas marcher). C'est une autre version de Roméo et Juliette, l'animus et l'anima, façon Jodorowsky :

« in another way, Fando y Lis is a description, of the human couple, man and woman in reurotical relation, sadomachiste, and dependance » ( Comentaire audio dans Fando et Lis. Min. 84, DVD sorti par WileSide)

 

Le film nous raconte par moments les enfances des deux héros. Lis est violée dans son enfance, elle en devient handicapé (Fando doit la pousser sur un chariot). Pour Jodorowsky nous vivons dans des sociétés pédophiles qui vampirisent la jeunesse, leur prennent leur innocence, et ne leur laissent rien, absolument rien...

 

The old generation want always to buried the new generation, because they don't want to give the power (Ibid. m. 44)vlcsnap_2010_06_12_11h49m59s252

Ce ce film qui valut une persécution de Jodorowsky au festival d'Acapulco en 1969, par ses scènes choquantes qui détruisaient un grand nombre d'entités cultes ou taboues (la religion, les mères, l'art, le couple, le sexe)

J'en ai déjà trop dit sur le film, à vous de découvrir le foisonnement qu'un tel film peut offrir; il va bien au-delà des simples plaintes, ou dénonciations; c'est plus une sorte de poème épique qui esploite bien de tabous de son époque (et même d'aujourd'hui) : pédophilie, sadomasochisme, violence conjugale, religion pervertie, société pourrissante. Le tout par un montage saccadé, expérimentale, et des images fortes en significations, et mystère. Par exemple le tambour et la poupée deviennet des symboles très puissants, dont je vous raconte pas le sort qui leur est réservé  :D

 

« A travers ces tableaux horrifiques sans liens logiques les uns avec les autres, le dérèglement des sens est obtenu à coup sûr, et le film verse dans le rêve, climat accentué par le noir et blanc."  ( Michel Larouche, Alexandro Jodorwsky. Cinéaste panique, ed. Albatros, Paris 1985, p. 29.)

Posté par Frenesi à 18:50 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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